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Que veulent les acheteurs d’une propriété ? Prix et normes de construction : décryptage.

L’Administrateur du Plan de garantie des bâtiments résidentiels neufs pour l’ensemble du territoire québécois (GCR) a dévoilé les 23 et 24 avril derniers les résultats d’une Enquête sur le comportement des acheteurs d’une habitation neuve en 2018, qui permet de dresser un portait récent des acheteurs d’une habitation neuve.

 

Première partie de l’enquête : ICI

Seconde partie de l’enquête : ICI

 

Selon les données de l’enquête, le prix et les questions d’ordre financier ont un grand impact sur les décisions prises par les acheteurs. De plus ceux-ci veulent en quasi-totalité une application uniforme des normes de construction partout au Québec. En effet, au Québec, des maisons construites dans trois municipalités voisines peuvent respecter des codes de construction différents, déplore GCR.  Les municipalités ne sont pas obligées d’appliquer le plus récent Code de construction adopté par la Régie du bâtiment du Québec.

 

L’ASPECT FINANCIER

 

Premier critère de sélection : le prix

Parmi tous les critères d’achat, le prix est le plus important aux yeux des acheteurs avec un niveau d’importance de 8,9 sur 10. La superficie habitable (8,3), la disposition des pièces (8,3), le style et l’architecture (8,2) ainsi que la dimension de la cuisine (8,2) sont également au haut de la liste.

La présence du gaz naturel (2,1), l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite (2,3) et la présence d’un foyer (3) sont les critères qui reçoivent la moins bonne note en ce qui a trait à leur importance. Soulignons que pour les acheteurs d’une copropriété, la présence d’une terrasse ou d’un balcon et la facilité de stationnement sont des critères jugés importants.

Les acheteurs ont généralement effectué la recherche de leur nouvelle habitation neuve en se promenant dans le quartier (39 %) et en visitant les sites Internet spécialisés en vente immobilière (38 %).

 

Plusieurs acheteurs s’exposent au risque de perdre leur acompte

Les données de l’enquête révèlent que 71 % des acheteurs ont versé un acompte lors de l’achat de leur propriété. Pour 56 % d’entre eux, il s’agissait d’un acompte qui ne dépassait pas 10 000 $. En moyenne, l’acompte versé était de 16 027 $. Or, il y a tout de même 8 % des acheteurs qui ont versé un acompte dépassant la couverture maximale prévue par la loi, soit 50 000 $.

« Puisque les acomptes sont couverts jusqu’à un maximum de 50 000 $, nous recommandons aux consommateurs de ne jamais donner un montant en acompte qui dépasse ce seuil. Il est dommage de constater que 8 % des acheteurs se sont exposés à un risque de perdre des sommes importantes », affirme François-William Simard, vice-président Communications et Relations partenaires de GCR.

 

L’amortissement du prêt hypothécaire sur 25 ans a la cote

Sans grande surprise, la grande majorité des nouveaux acheteurs (90 %) qui ont contracté un prêt hypothécaire ont choisi de l’amortir sur une période de 25 ans, soit le maximum prévu par la loi. Pour l’ensemble des acheteurs, ce pourcentage est de 82 %. Seulement 5 % des acheteurs amortissent leur prêt hypothécaire sur une période de 15 ans ou moins. Les nouveaux acheteurs ont également privilégié un taux fixe, pour les deux tiers d’entre eux (67 %), tandis que la fréquence mensuelle de remboursement demeure la plus populaire pour l’ensemble des acheteurs (42 %).

 

Une hausse importante des taux d’intérêt aurait des conséquences

L’enquête révèle qu’une hausse des taux d’intérêt aurait des conséquences quant à la capacité des acheteurs de faire face à leurs obligations hypothécaires. Si celle-ci entraînait une augmentation de 200 $ de plus par mois, 91 % des acheteurs seraient en mesure d’y faire face. Toutefois, si les gens devaient avoir à rembourser de 301 $ à 500 $ de plus par mois, c’est 29 % qui ne pourraient plus faire face à leurs obligations. Pour les nouveaux acheteurs, cette proportion grimpe à 37 %. S’il leur fallait rembourser 500 $ de plus par mois, c’est 44 % des acheteurs qui seraient en défaut de paiement, dont 54 % des nouveaux acheteurs.

 

1 acheteur sur 3 ne met pas 20 % en mise de fonds

L’enquête révèle que près de la moitié des nouveaux acheteurs (48 %) ont versé moins de 20 000 $ en mise de fonds initiale, alors que pour l’ensemble des acheteurs, c’est 28 %. Bien qu’il soit prévu qu’un acheteur doive verser un minimum de 5 % de la valeur de la propriété en mise de fonds, 4 % des acheteurs ont indiqué ne pas avoir fourni ce montant minimum. Ce sont 24 % des acheteurs qui ont mis précisément 5 % en mise de fonds.

La principale source de la mise de fonds est la vente de la résidence précédente pour près de la moitié des répondants à l’enquête (44 %). Pour les nouveaux acheteurs, toutefois, la principale source est les économies personnelles, pour un peu plus de la moitié d’entre eux (52 %). Fait intéressant à souligner, 50 % des nouveaux acheteurs ont eu recours au régime d’accession à la propriété (RAP) pour acheter leur résidence.

 

Une habitation neuve plutôt qu’existante

Parmi les facteurs mentionnés par les acheteurs d’une habitation neuve qui les poussent à ne pas choisir une habitation existante, il y a les rénovations à faire (52 %), le fait que celle-ci ne répond pas aux besoins (49 %), le prix qui était le même pour une habitation neuve (34 %) ainsi que l’importance d’être le premier occupant et d’avoir quelque chose de neuf (31 %).

 

Faible appui à la taxe de Bienvenue

Soulignons finalement que les acheteurs ont payé en moyenne 2 421 $ en taxe de Bienvenue après l’acquisition de leur résidence. Interrogés sur le sujet, 87 % d’entre eux se sont dits en désaccord avec cette taxe.

 

Données en rafales

• Le prix moyen de la nouvelle résidence neuve est de 342 149 $, celui-ci est supérieur chez les acheteurs expérimentés (364 655 $) que les nouveaux acheteurs (285 090 $) ;
• Au total, les acheteurs ont visité en moyenne 3,9 résidences avant d’effectuer leur choix final ;
• Les acheteurs ont passé en moyenne 8,4 années dans leur ancienne résidence ;
• 60 % des acheteurs ont l’intention de conserver leur habitation pour plus de 10 ans. Parmi ceux-ci, les acheteurs expérimentés sont un peu plus nombreux (55 %) que les nouveaux acheteurs (42 %) ;
• Un peu plus de 63 % des acheteurs d’une habitation neuve ont songé à acheter une habitation existante.

 

L’ASPECT NORMATIF

 

Les acheteurs veulent  une application uniforme des normes de construction partout au Québec.  De plus, ils sont généralement satisfaits de leur habitation et de leur expérience d’achat, mais des aspects sont à améliorer.

 

Les mêmes normes de construction pour tous

Rappelons d’abord que l’application par les municipalités du dernier Code de construction adopté par la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) n’est pas obligatoire, créant ainsi une grande disparité quant à l’application de différentes versions du Code sur le territoire québécois. Concrètement, une même maison dans trois villes limitrophes peut être construite selon des normes considérablement différentes. À l’heure actuelle, des municipalités appliquent le Code de construction 2010 (la version la plus récente) tandis que d’autres appliquent le code 2005, le code 1995 et même le code 1985. À titre d’exemple, l’obligation d’installer des détecteurs de fumée dans toutes les chambres à coucher n’apparaît que dans le Code de construction 2010.

Interrogée sur cette réalité, la quasi-totalité des acheteurs (98 %) s’est montrée en accord avec l’idée que toutes les municipalités du Québec doivent appliquer la version la plus récente du Code de construction. Pour la grande majorité d’entre eux, l’application de plusieurs versions du Code crée des iniquités entre les acheteurs (92 %), affecte la qualité de la construction (88 %) et affecte la sécurité des bâtiments (82 %). De plus, un peu plus de 8 répondants sur 10 (82 %) ne croient pas que l’application variable du Code soit sans aucun impact.

« Bien que nous sommes en 2019, de nombreuses propriétés québécoises sont construites, encore aujourd’hui, selon des normes qui peuvent dater de vingt, voire plus de trente ans. Il y a là un sérieux enjeu quant à la qualité et la sécurité de ces habitations neuves. Afin d’améliorer la qualité de la construction et de mieux protéger les consommateurs, nous croyons que la version la plus récente du Code devrait être appliquée dans l’ensemble des municipalités du Québec. Nous offrons notre entière collaboration à la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, afin d’identifier les bonnes solutions qui permettront de changer cette situation », indique Daniel Laplante, président-directeur général de GCR.

 

Des acheteurs satisfaits, mais il reste du chemin à parcourir

Alors qu’ils ont pris possession de leur résidence au cours de l’année 2018, l’enquête démontre que la forte majorité des acheteurs s’en déclarent satisfaits (96 %). Il en va de même pour la satisfaction à l’égard du constructeur qui se situe à 89 %.

Quelques éléments à améliorer de la part des entrepreneurs en construction résidentielle sont toutefois clairement identifiés par les consommateurs. À cet effet, notons la qualité du service à la clientèle, pour laquelle 32 % des répondants donnent à leur constructeur une note de 7 ou moins sur 10. Soulignons également que 72 % des répondants ont demandé la reprise de travaux et que 21 % d’entre eux se sont déclarés insatisfaits du suivi effectué par l’entrepreneur.

« Nous savons que plusieurs entrepreneurs en construction font bien leur travail et s’assurent d’offrir un service de qualité aux consommateurs. Les données relatives à la satisfaction dans les premiers mois le démontrent. Toutefois, les résultats de l’enquête indiquent également qu’il existe certaines améliorations possibles, notamment par rapport à la qualité du service à la clientèle, au suivi accordé lors de la reprise de travaux ainsi qu’aux retards de livraison trop fréquents. Voilà pourquoi il est nécessaire qu’en tant qu’organisme neutre et indépendant, nous poursuivions et accentuions nos efforts en matière de prévention et de surveillance des chantiers, et ce, afin d’assurer la protection des consommateurs québécois », poursuit M. Laplante.

 

Retards de livraison fréquents

Près du quart des acheteurs (23 %) ont reçu leur habitation en dehors des délais prévus. La moyenne de la durée des retards observés était de deux mois et 24 % de ceux qui ont reçu leur habitation en retard ont dû faire face à un délai de livraison de 3 mois ou plus.

« L’achat d’une habitation, qu’elle soit neuve ou existante, est toujours une étape stressante de la vie. Quand la propriété est neuve, le risque de retard peut créer un stress supplémentaire. Dans ce contexte, et bien qu’il y ait des protections offertes prévues par la loi, nous invitons les entrepreneurs en construction à faire le maximum afin de livrer dans les temps prévus », souligne M. Laplante.

 

Les acheteurs doivent faire davantage de vérifications avant de signer un contrat

GCR se réjouit que la forte majorité des acheteurs étaient au courant de l’existence du plan de garantie obligatoire (87 %) et avaient reçu de l’information sur celui-ci lors de l’achat (85 %). Pour 80 % des acheteurs, les couvertures de la garantie, qui sont prévues par la loi, leur avaient été expliquées, généralement par leur entrepreneur.

Toutefois, les données de l’enquête démontrent que les consommateurs ne font pas toutes les vérifications qui peuvent pourtant s’avérer fort utiles pour éviter des pépins. À titre d’exemple, 42 % n’avaient pas vérifié si leur bâtiment était couvert tandis que 51 % n’ont pas vérifié si leur entrepreneur apparaissait au registre des entrepreneurs accrédités chez GCR, et ainsi, s’il était bel et bien autorisé à construire un bâtiment résidentiel neuf. En l’absence de l’accréditation de l’entrepreneur, non seulement le bâtiment est construit illégalement, mais le consommateur ne peut jouir des protections prévues par la loi. L’étude révèle également que seulement 31 % des consommateurs jugent que les modalités de la garantie leur ont été expliquées adéquatement par le constructeur ou l’agent immobilier lors de l’achat.

« À plusieurs occasions, nous avons vu des histoires de consommateurs floués parce qu’ils ont fait confiance à un entrepreneur qui n’était pas en fait accrédité. La meilleure façon pour un consommateur de se protéger face à une telle éventualité est d’être bien informé et d’effectuer quelques vérifications faciles, mais fort utiles » poursuit M. Laplante.

 

L’inspection préachat avec un professionnel : à considérer sérieusement

L’enquête illustre finalement que 74 % des acheteurs ont fait l’inspection préréception de leur bâtiment, mais qu’ils n’étaient pas accompagnés par un professionnel du bâtiment. Pourtant, les éléments vérifiés lors de l’inspection préréception sont souvent très techniques et vont au-delà des connaissances de base des acheteurs, à moins qu’ils œuvrent eux-mêmes dans la construction. GCR recommande aux acheteurs d’une habitation neuve d’être toujours accompagnés par un professionnel en bâtiment lors de l’inspection préréception. Cela peut prévenir plusieurs problématiques par la suite.

 

Méthodologie

Le sondage a été effectué auprès de 1 124 acheteurs de partout au Québec, dont l’habitation a été enregistrée en 2018 auprès du plan de garantie obligatoire des bâtiments résidentiels neufs, administré par GCR. Les résultats du sondage ont été compilés par la firme Segma Recherche. Ils présentent une marge d’erreur maximale – associée à un échantillon de 1 124 provenant d’une population de plus de 7 000 ménages – de 2,65 % à un niveau de confiance de 95 %.

 

www.garantiegcr.com

SOURCE Garantie de construction résidentielle (GCR)

 

 

9 mai 2019

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